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7 novembre 2026Saint Willibrord, Évêque d’Utrecht

Willi­brord naquit en Angle­terre vers 658. Son ver­tueux père le confia aux soins de saint Wil­frid, alors Abbé du monas­tère de Ripon. Deve­nu moine, Willi­brord pas­sa en Irlande pour étu­dier à l’é­cole de saint Ecbert. Douze ans plus tard, en 690, il se sen­tit ins­pi­ré de conver­tir les tri­bus païennes du Nord dont les masses pro­fondes étaient une menace conti­nuelle pour l’Eu­rope. Il réus­sit à abor­der en Frise avec onze com­pa­gnons. Mais ces peuples refu­sèrent d’embrasser la reli­gion des Francs, leurs enne­mis. Willi­brord dut se conten­ter de suivre les armées de Pépin d’Hé­ris­tal et de tra­vailler à la conver­sion des tri­bus qu’elles sou­met­taient. Puis il se ren­dit à Rome pour deman­der au Pape de bénir ses tra­vaux apos­to­liques. Il connut alors le suc­cès méri­té par son zèle. Dans un second voyage à Rome, on le sacra évêque. Il éta­blit son siège à Utrecht. Un com­pa­gnon lui vint d’An­gle­terre, le futur mar­tyr saint Boni­face. Dieu accor­da à saint Willi­brord, avec la réus­site de son apos­to­lat, le don des miracles et la connais­sance de l’a­ve­nir. Il res­ta fidè­le­ment à son poste jus­qu’à sa mort, sur­ve­nue le 7 novembre 789. On le vénère comme l’a­pôtre des Frisons.


Ouvrage : Le livre de nos veillées | Auteur : Bernage, Berthe

Pour­quoi avons-nous cou­tume de nous repré­sen­ter les saints quand ils sont par­ve­nus au faîte de leur sain­te­té ? Ain­si, nous nous fai­sons d’eux une image conven­tion­nelle, oh ! très belle, très véné­rable, mais bien peu vivante. Les saints on croi­rait qu’ils le furent dès leur ber­ceau, qu’ils y trou­vèrent une auréole toute faite et s’en nim­bèrent tran­quille­ment comme d’une cou­ronne d’honneur.

Or, on n’est point d’emblée un saint. D’ailleurs, ce serait, d’a­près M. Hen­ry Bor­deaux, « inhu­main et peu inté­res­sant. Il faut qu’on voie le che­min par où l’on monte et qu’on puisse mesu­rer l’im­por­tance de l’ascension ».

Cher­chons donc ce che­min par où l’on monte, par où nous pour­rions mon­ter, nous aus­si, sans trop tré­bu­cher. Quand les cloches de la Tous­saint nous convient à regar­der en haut, nous aper­ce­vons « cette foule innom­brable de tout âge, de toute nation », dont parle l’a­pôtre saint Jean. Et voi­là que nous dis­tin­guons, par­mi les bien­heu­reux, des gens dont la condi­tion res­semble sin­gu­liè­re­ment à la nôtre. Il y a des prêtres, des reli­gieuses, des rois, mais aus­si des mar­chands, des maîtres d’é­cole, des jar­di­niers, des labou­reurs, des ber­gères, des magis­trats, des méde­cins, des agents du fisc, un ancien bour­reau, paraît-il, et des geô­liers, des sol­dats, des arti­sans, des pêcheurs, des domes­tiques, des mères de famille, des enfants. Sans oublier les mendiants !

Je crois que, dans un tel cor­tège, cha­cun de nous peut saluer son confrère. Quel encou­ra­ge­ment ! Ain­si nul état n’est incom­pa­tible avec la sanc­ti­fi­ca­tion ? Les gestes pro­fes­sion­nels se changent en gestes bénis ? Voi­là, très joli­ment, la sain­te­té mise à la por­tée de tous.

Mais il y a… le carac­tère ! Com­ment deve­nir un saint quand on est colère, pares­seux, jouis­seur, orgueilleux ? En imi­tant nos chers grands frères du ciel. Cer­tains furent « tout cela » et même cédèrent, pen­dant la pre­mière par­tie de leur vie, à l’ap­pel de quelques-uns des sept péchés capi­taux. Et puis, un beau jour… tout chan­gea… Oh ! qu’ils nous enseignent bien vite la méthode, eux qui ont « réus­si » leur des­ti­née sur­na­tu­relle ! Mais atten­tion : « un saint, font remar­quer les frères Tha­raud, ne se crée pas tout d’une pièce, faci­le­ment et sans effort. Un saint n’est pas du tout une âme confor­ta­ble­ment ins­tal­lée dans la paix. Un saint mérite sa sain­te­té. Il est le résul­tat d’une lutte héroïque pour se dépas­ser lui-même. Par quelle suite d’é­preuves la sain­te­té se forme-t-elle dans une âme ? Com­ment s’o­père la pro­mo­tion divine ? Com­ment se fait l’apprentissage ? »

Sainte Geneviève qui protège Lutèce d'Attila

Rete­nons ce der­nier mot. Allons près des « appren­tis » en sain­te­té. Mais ils sont si nom­breux ! Pour trou­ver des amis encore plus intimes, res­tons donc chez nous. La France n’est-elle pas « la terre des saints » ? Que de belles his­toires ! Il était une fois…

Il était une fois… une petite Gau­loise aux tresses blondes. Elle s’ap­pe­lait Gene­viève. Temps tra­gique : les Bar­bares avancent vers Lutèce, notre Paris. Rien ne pour­ra donc arrê­ter Atti­la et ses hordes ? Mais si : Gene­viève. Ah ! elle s’est pré­pa­rée à la pro­mo­tion divine, la petite fille du bate­lier. Dès sept ans, elle s’est consa­crée à Dieu comme l’a deman­dé l’é­vêque saint Ger­main, et puis elle a conti­nué sa vie toute simple, mais en fai­sant extra­or­di­nai­re­ment bien les gestes ordi­naires, en étant misé­ri­cor­dieuse, en bai­gnant tout de prière. Un joli appren­tis­sage, n’est-ce pas ?

Mille ans plus tard… Qui va bou­ter les Anglais hors de France ? Une pay­sanne de dix-huit ans, gaie, sen­sée, char­mante. Elle a gar­dé les trou­peaux, cette Jeanne, et fait le ménage, filé sa que­nouille ; elle a joué avec les autres fillettes. Mais, plus que les autres, elle était bonne et pieuse, atten­tive à écou­ter par­ler Dieu. Et quand Dieu a don­né son ordre ter­rible : « Pars », Jeanne était prête. Elle partit…

Sainte Colette, médiatrice des princes et du pape

Et voi­ci une autre patriote : Colette. Celle-ci, née trente ans avant notre Jeanne, morte quinze ans après, est héroïne de la même période ter­rible. Mais elle ne guer­roie pas. Nous dirions main­te­nant qu’elle « fait de la poli­tique ». Oh ! de la bonne. Nous la voyons deve­nir média­trice entre les deux grandes familles des Bour­bons et des Bour­gui­gnons dont les que­relles ajoutent, aux hor­reurs de la guerre de Cent ans, celles de la guerre civile. Que de fois elle calme Jean-sans-Peur qui l’ap­pelle res­pec­tueu­se­ment « notre chère et très aimée sœur Colette » ! Conseillère aus­si du duc de Savoie, du roi de Naples, elle va voir à Nice le pape Benoît XIII qui s’a­ge­nouille devant la jeune sainte. Elle envoie des mes­sages aux conciles char­gés de mettre fin au schisme en réta­blis­sant un seul Pape ; et une émou­vante tra­di­tion veut que Jeanne d’Arc ait pas­sé quelques jours au couvent des Cla­risses de Mou­lins dont Colette était abbesse. Quels conseils dut don­ner Colette vieillis­sante à la radieuse jeune fille ! On a dit : « Colette a pré­cé­dé et per­mis Jeanne d’Arc. » Mais com­ment cette fille du peuple s’i­ni­tia-t-elle à un tel rôle ? À la manière de Gene­viève et de Jeanne, mais avec deux notes par­ti­cu­lières. L’é­du­ca­tion reçue par Colette contri­bua sin­gu­liè­re­ment à lui don­ner ce goût de la média­tion qui la dis­tingue son père, pauvre char­pen­tier, avait, paraît-il, la pas­sion de la paix et pas­sait son temps à récon­ci­lier les gens en que­relle. Colette répé­ta cela en grand, tant est forte l’in­fluence d’un père sur une âme jeune. Et puis elle accen­tua la vie d’o­rai­son ; pen­dant quatre ans, ne fut-elle pas « recluse », c’est-à-dire murée dans une logette atte­nant à l’é­glise ? Ne fré­mis­sons pas trop ; il n’y a plus de recluses. Mais remar­quons que les grands agis­sants furent tous de grands priants. Si par­fois nous remet­tions en « logette » nos petites âmes trop légères, le monde n’i­rait-il pas mieux, ô Colette ?

Ouvrage : Un saint à votre nom | Auteur : Beurrier, Dom | Illustration : Dionnet, René
Archevêque de Milan
1538 – 1584
Fête le 4 novembre

Saint Charles Bor­ro­mée vécut en un temps où bien des choses allaient de tra­vers dans les affaires du monde et même dans celles de l’Église.

Fils du comte Gil­bert et de Mar­gue­rite de Médi­cis, sœur du pape Pie IV, il naquit au châ­teau-fort de Bor­ro­méo, près du lac Majeur, en Ita­lie du Nord, le 2 octobre 1538.

Le jeune Charles ne tira pas vani­té de sa noble nais­sance et ne se crut pas, pour autant, dis­pen­sé de tra­vailler. Au contraire, il était un élève très appli­qué et il rem­por­ta beau­coup de suc­cès. Notre étu­diant ache­vait ses études, quand son oncle fut élu pape, sous le nom de Pie IV.

Or Charles, depuis l’âge de dix ans, dési­rait deve­nir prêtre. Le pape, son oncle, le voyant ins­truit et dési­reux de ser­vir la sainte Église, le fit venir auprès de lui, à Rome.

Peu de temps après son arri­vée, il le nom­ma car­di­nal — le car­di­na­lat est une digni­té qui se don­nait même à des non prêtres. Il lui confia dif­fé­rentes charges impor­tantes, en par­ti­cu­lier l’ad­mi­nis­tra­tion de diverses provinces.

Mais, le jeune « prince de l’É­glise » avait encore des pro­grès à faire en sain­te­té. Il s’in­quié­tait trop de bien caser les membres de sa famille et per­dait beau­coup de temps à la chasse. Cepen­dant, il prit bien­tôt ses obli­ga­tions très au sérieux ; dès lors, il était sur le bon chemin.

La plus impor­tante de ses tâches fut l’a­chè­ve­ment du « Concile de Trente» — du nom de la ville de Trente, où avait lieu cette assem­blée. C’é­tait une réunion d’é­vêques qui tra­vaillaient aux affaires de l’É­glise. Le car­di­nal Bor­ro­mée s’y employa jour et nuit, et eut le bon­heur de réussir.

Après avoir si bien méri­té au ser­vice du pape et de l’É­glise, il fut ordon­né prêtre, devint évêque en 1563, et peu après, arche­vêque de Milan ; il avait vingt-cinq ans. À par­tir de cette date, il mena la vie aus­tère d’un véri­table saint.

Le jeune arche­vêque quit­ta Rome et alla demeu­rer à Milan, sa ville épis­co­pale, car c’est un devoir pour les pas­teurs de vivre au milieu de leurs brebis.

Ouvrage : Bayard | Auteur : Sève, André | Illustration : Hi-Ta

Le Troubadour d’Assise

Saint François chante le Cantique du Soleil

Un matin qu’il souf­frait d’une façon presque into­lé­rable, Fran­çois s’a­che­mi­na péni­ble­ment vers Saint-Damien. Il y avait là sainte Claire, dont j’au­rais vou­lu vous par­ler aus­si, mais ce sera pour une autre fois. Du haut du petit bal­con qui domine la plaine, Fran­çois res­pi­ra lon­gue­ment la fraî­cheur et l’al­lé­gresse de l’au­rore. Puis, sa voix,

qui était deve­nue si faible, retrou­va sou­dain la fer­me­té et le velou­té des années de jeu­nesse, et il chan­ta le Can­tique du Soleil. C’est un des plus beaux chants d’a­mour de Dieu jaillis du cœur d’un homme.

Loué sois-tu, ô mon Dieu ! et toutes tes créa­tures. Et d’a­bord mes­sire notre frère le Soleil ; il nous donne le jour et tu nous éclaires par lui ; il est beau et rayon­nant avec grande splen­deur : il est ton sym­bole, ô Très-Haut !

Loué sois-tu, mon Dieu, pour notre sœur la Lune et nos sœurs les Étoiles, pré­cieuses et belles.

Loué sois-tu, mon Dieu, pour notre frère le Vent, pour l’air et les nuages, et le ciel bleu et tous les temps, par les­quels toutes les créa­tures peuvent vivre.

Loué sois-tu, mon Dieu, pour notre sœur l’Eau, qui est ser­viable, humble, fraîche et pure.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux
qui pardonnent par amour pour toi
Ouvrage : Bayard | Auteur : Sève, André | Illustration : Hi-Ta

Le Troubadour d’Assise

Saint François prêche les croisés

Les Frères deve­naient si nom­breux qu’à la Pen­te­côte 1219 on put en comp­ter plus de 3 000 qui cam­pèrent dans les bois de la Por­tion­cule. On déci­da d’en­voyer des mis­sion­naires à Tunis, au Maroc et en Égypte. Fran­çois prit la tête de l’ex­pé­di­tion d’É­gypte, et il arri­va un beau jour au milieu des Croi­sés qui fai­saient le siège de Damiette.

Vous com­pre­nez bien qu’il n’é­tait pas venu pour faire la guerre, mais pour conqué­rir des âmes à Dieu. II s’oc­cu­pa d’a­bord des chevaliers : 

— Vous por­tez une croix sur vos habits : il fau­drait aus­si la por­ter dans le cœur. Mal­heur à celui qui ne se bat pas pour déli­vrer le Tom­beau du Christ, mais pour la vio­lence et la rapine !

Puis il fait une chose folle. Le voi­là qui s’en va vers les tentes des Maures en criant :

— Sul­tan ! Sultan !

Sur­pris, les Sar­ra­sins, tout en le mal­me­nant, le conduisent quand même devant Malek-el-Kamil. Le sul­tan regarde un moment ce petit homme maigre qui a osé venir jus­qu’à lui. Un signe, l’éclair

Saint François parle au sultan
Ouvrage : Tout l'Évangile en images | Auteur : Baeteman, R. P. J.

Un roi vou­lant régler ses comptes, fit appe­ler ses ser­vi­teurs. L’un d’eux lui devait envi­ron dix mille talents, somme très forte. Il obtint par ses ins­tantes sup­pli­ca­tions d’être déchar­gé de cette dette énorme. Mais, étant sor­ti, ce ser­vi­teur ren­con­tra un de ses com­pa­gnons qui lui devait cent deniers, quatre-vingt de…