Antoine Neyrot naquit à Rivoli, au diocèse de Turin. Il était d’une des meilleures familles de cette ville et entra tout jeune encore au couvent dominicain de Saint-Marc, à Florence, dont saint Antonin était alors prieur. Il y fit profession entre ses mains et fut envoyé en Sicile. Or il arriva que, peu de temps après, se rendant de Sicile à Naples, il fut pris pendant la traversée par des pirates de Tunis et emmené captif en Afrique. Son courage et bientôt sa foi fléchirent sous ce malheur : il en vint même jusqu’à renier publiquement Jésus-Christ. Quatre mois plus tard, pris d’un amer regret de son geste, il abjura le mahométisme et alla trouver le roi de Tunis qui revenait alors d’une expédition. En sa présence et au milieu d’une foule immense, Antoine déplore son impiété, proclame seule véritable la religion chrétienne et parle de Jésus-Christ avec une hardiesse et une éloquence merveilleuses. Le roi essaie tous les moyens de l’ébranler, mais sans le moindre succès ; il ordonne enfin de le conduire en prison. Cinq jours après, le juge le fait venir une dernière fois devant lui : une dernière fois il échoue devant sa constance, et le condamne à être lapidé. Antoine s’agenouille, lève les mains au ciel, entre en prière et, dans une courageuse immobilité, reçoit la grêle de pierres qui consomme son martyre, le 10 mars 1460.
TOUTES les heures du jour et de la nuit ont leur fête dans l’année.
En juillet, la Fête Nationale, par ses feux d’artifice, est la fête du soir. À Noël, la fête de minuit fait oublier le froid. Le jour des Rois, le gâteau, que l’on partage à midi, marque la fête du déjeuner dans la famille.
Mais Pâques, c’est la fête du matin. La lumière fleurit les églises comme le soleil fleurit le ciel. Avez-vous remarqué qu’il fait presque toujours un temps magnifique, le jour de Pâques ? Et, même s’il ne fait pas très beau, à regarder seulement les gens passer par les rues et par les routes, avec leurs habits neufs, on sent qu’il y a de la joie dans l’air. Dans les églises, où les cloches sont revenues, la semaine sainte étant finie, on a rallumé tous les cierges et même un de plus, énorme, dans lequel on a mis des grains d’encens, le fameux cierge pascal.
Deux brigands, eux aussi condamnés à mort, étaient montés au Calvaire. Jésus, regardé comme plus coupable, fut crucifié au milieu. Ces larrons se moquaient d’abord de la douce Victime. Mais l’un d’eux, témoin de sa bonté, de sa douceur, comprit qu’il ne méritait aucune condamnation. Il fit taire son compagnon…
Durant toute cette horrible journée, Jésus était resté presque nu, recouvert seulement d’un lambeau d’étoffe rouge. Mais puisqu’il devait être crucifié et traverser la ville, on lui rendit ses vêtements, que, sur le Calvaire, les bourreaux auraient à se partager. Jésus, alors, fut chargé d’une lourde croix qu’il devait porter…
Pour expier les péchés de la chair, Jésus voulut être flagellé. Mais il y avait nos fautes d’orgueil, et celles-là aussi devaient être effacées par les humiliations du Bon Maître. Il s’était dit Roi. Aussi les soldats, pour ridiculiser sa royauté, lui mirent en mains un sceptre de roseau. Au…
Bientôt on aperçut une troupe d’hommes portant des torches et armés de lances et de bâtons. Celui qui les conduit, c’est Judas. Le traître s’avance vers Jésus et le baise. S’adressant alors à cette bande, le Sauveur leur dit : « Qui cherchez-vous ? » Ils répondirent « Jésus de Nazareth ! ». « C’est moi, fit-il, et,…