Sainte Casilda était la fille d’un persécuteur acharné des chrétiens. Son père, de race maure, était roi de Tolède et se nommait Aldemore. La charité de Casilda égalait la tyrannie d’Aldemore. Aux chrétiens qui mouraient de faim dans les prisons, elle portait la nourriture qu’elle pouvait se procurer. Son père, à qui elle ne tarda pas à être dénoncée, la surveilla, la surprit dans l’exercice de sa charité et, voulant savoir dans sa colère ce qu’elle portait, ne trouva dans son tablier que des roses. Casilda demandait vivement le baptême, mais il était difficile de satisfaire son désir. Le Ciel y pourvut. Atteinte d’un mal jugé incurable, il lui fut révélé en songe qu’elle trouverait sa guérison en se baignant dans le lac Saint-Vincent de Burgos. Ce lieu appartenait aux chrétiens, aussi Aldemore fit-il beaucoup de difficultés. Cependant, vaincu par les prières de sa fille, il la laissa partir. Casilda se baigna dans le lac et fut guérie. Elle reçut le baptême et passa le reste de ses jours dans une petite maison qu’elle se fit construire à Burgos. Elle mourut saintement en 1007 et les miracles qui s’opérèrent à son tombeau la rendirent chère au peuple espagnol [1].
TOUTES les heures du jour et de la nuit ont leur fête dans l’année.
En juillet, la Fête Nationale, par ses feux d’artifice, est la fête du soir. À Noël, la fête de minuit fait oublier le froid. Le jour des Rois, le gâteau, que l’on partage à midi, marque la fête du déjeuner dans la famille.
Mais Pâques, c’est la fête du matin. La lumière fleurit les églises comme le soleil fleurit le ciel. Avez-vous remarqué qu’il fait presque toujours un temps magnifique, le jour de Pâques ? Et, même s’il ne fait pas très beau, à regarder seulement les gens passer par les rues et par les routes, avec leurs habits neufs, on sent qu’il y a de la joie dans l’air. Dans les églises, où les cloches sont revenues, la semaine sainte étant finie, on a rallumé tous les cierges et même un de plus, énorme, dans lequel on a mis des grains d’encens, le fameux cierge pascal.
Deux brigands, eux aussi condamnés à mort, étaient montés au Calvaire. Jésus, regardé comme plus coupable, fut crucifié au milieu. Ces larrons se moquaient d’abord de la douce Victime. Mais l’un d’eux, témoin de sa bonté, de sa douceur, comprit qu’il ne méritait aucune condamnation. Il fit taire son compagnon…
Durant toute cette horrible journée, Jésus était resté presque nu, recouvert seulement d’un lambeau d’étoffe rouge. Mais puisqu’il devait être crucifié et traverser la ville, on lui rendit ses vêtements, que, sur le Calvaire, les bourreaux auraient à se partager. Jésus, alors, fut chargé d’une lourde croix qu’il devait porter…
Pour expier les péchés de la chair, Jésus voulut être flagellé. Mais il y avait nos fautes d’orgueil, et celles-là aussi devaient être effacées par les humiliations du Bon Maître. Il s’était dit Roi. Aussi les soldats, pour ridiculiser sa royauté, lui mirent en mains un sceptre de roseau. Au…
Bientôt on aperçut une troupe d’hommes portant des torches et armés de lances et de bâtons. Celui qui les conduit, c’est Judas. Le traître s’avance vers Jésus et le baise. S’adressant alors à cette bande, le Sauveur leur dit : « Qui cherchez-vous ? » Ils répondirent « Jésus de Nazareth ! ». « C’est moi, fit-il, et,…