Jésus voyant une foule qui le suivait, joyeuse, sans se douter des sacrifices qu’il demande à ceux qui veulent aller avec lui, s’écria : « Quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suit pas, ne peut pas être mon disciple ! ». Parole qui fait trembler la nature. Jésus, innocent, est venu…
Et maintenant une histoire ! Posts
D’une illustre naissance, riche et belle, Catherine, à 13 ans, avait sollicité son admission dans un couvent de la stricte observance, mais sa jeunesse l’avait fait refuser. Trois ans plus tard, son père la donna en mariage à un jeune noble de mœurs dissolues qui la traita avec tant de rudesse que, poussée à bout par cinq années de cruels tourments, elle abandonna la sévérité de sa vie pour se mêler à la société mondaine de la ville de Gênes. Mais bientôt le dégoût du monde et de ses fautes fut si vif en elle qu’elle manqua défaillir : elle résolut alors de s’adonner pour toujours à la prière et à la plus austère pénitence. Durant de longues années, elle ne put supporter d’autre aliment que la Sainte Hostie, mais, pour n’en laisser rien voir, elle prenait à table quelque nourriture qu’il lui fallait rejeter ensuite. Sur l’inspiration de Notre-Seigneur, elle se livra, quatre ans durant, à des rigueurs extraordinaires. Puis, pendant vingt-cinq ans, ce furent des extases presque continuelles, où elle reçut d’étonnantes révélations. Toutefois, elle conserva un rôle merveilleusement actif. La charité dont elle fit preuve dans les hôpitaux, en se dévouant au service des malades et en remplissant avec joie les plus humbles offices, amena son mari à sortir du péché et à faire une mort édifiante. Elle-même, sur la fin de sa vie, connut les deuils, les chagrins, la maladie ; malgré sa répugnance pour les remèdes, elle fut toujours entièrement soumise à ceux qui la soignaient. Ses derniers moments furent marqués par des peines intérieures et extérieures analogues à celles de Jésus crucifié. Le démon eut la permission de se montrer à ses yeux, mais elle le chassa honteusement. Elle mourut le 15 septembre 1510.
I
L’enfant fait sa prière
Sept heures !
Vite enfant, lève-toi ! Donne ton cœur au bon Dieu !
— Petit Jésus, c’est pour vous ma journée ! …ma prière et mes jeux, ma leçon de lecture, mes joies, mes petites peines…
Quand vous aviez mon âge, Jésus, mon petit frère, vous donniez tout ainsi à votre Père des cieux ! Oh ! donnez-lui encore tout ce que je vous donne : il faut toujours ! toujours ! faire plaisir au bon Dieu !
Avec vous, mon Jésus, je serai bon et sage !
— C’est bien, petit enfant :
Dieu t’a mis sur la terre pour le louer, l’aimer, le servir. C’est lui qui a choisi ta maison, ton pays ; c’est lui qui t’a confié à papa, à maman ; tu es à lui ; Il est ton Père.
Tout est à vous, mon Dieu les oiseaux et les fleurs, les maisons, le soleil, même les jouets de mon étagère : mon ours et mon cheval, mes poupées et mes livres… Et moi je suis à vous ! Et vous voulez que je vous aime ! C’est là ce que je veux faire toute la journée !
…
— Oh ! maman, pendant que je m’habille, dites-moi ce que veut le bon Dieu !
— Ne sais-tu pas la belle histoire de Moïse ? Il était dans le désert avec le peuple hébreu, se rendant à la Terre-Promise. Et le Dieu Tout-Puissant l’appela sur le Mont Sinaï. Il monta et se mit en prière. Alors la voix de Dieu se fit entendre et Moïse reçut les tables de la loi deux grandes pierres sur lesquelles étaient gravés dix commandements.
— C’était pour les Hébreux ?
— C’était pour tous les hommes : c’était pour toi, enfant !
— Avant Moïse, l’on pouvait donc être méchant ?
— Ces commandements écrits sur les tables de pierre étaient écrits déjà.
— Où donc, maman ?
— Mais dans le cœur, dans la conscience. Chacun avait son ange pour l’aider à les lire.
— Ces commandements, je voudrais les savoir ! Ils disaient la même chose ?
— Oui, mon enfant ; écoute bien :
Il n’y a qu’un seul Dieu et tu l’adoreras.
Respecte et bénis son saint nom.
Sanctifie le jour du Seigneur.
Sois bon pour ton père et ta mère.
Ne tue pas ; ne fais de mal à personne.
Garde ton âme et ton corps purs.
Ne prends pas ce qui est aux autres.
Dis toujours la vérité.
Ne sois ni envieux, ni jaloux.
Jésus avait passé en faisant le bien. Il avait guéri tous les malades qui lui étaient présentés, rendu la vue aux aveugles, ressuscité les morts. Il voulait ainsi prouver sa divinité. Mais les Juifs orgueilleux et terrestres attendant un Messie guerrier qui les eût mis à la tête des nations,…
Ce matin-là, — un matin du mois de mai de l’année 1610 — le petit roi Louis XIII jouait, dans ses appartements du palais du Louvre, à promener son petit carrosse vert. Il y avait mis Cupidon, qui était la poupée de sa sœur Élisabeth. Il aurait aimé promener aussi les poupées de Madame Chrétienne et de Madame Henriette, ses autres petites sœurs : elles n’avaient pas voulu s’en séparer. Il les eût, en d’autres temps, exigées avec violence, mais il était en trop grand trouble et chagrin pour agir à sa manière accoutumée, laquelle était impérieuse et péremptoire.
Le bon roi Henri IV, en effet, venait de mourir assassiné, et l’enfant, de cette mort tragique, demeurait tout bouleversé. Promenant Cupidon dans le carrosse vert, il n’y trouvait point de réconfort.
Il avait essayé d’atteler à la voiture son chien Cavalon, mais le chien ne s’était pas prêté au jeu. Cavalon voulait bien aller derrière le carrosse, mais point devant. Louis XIII commençait d’éprouver qu’un roi ne fait pas toujours faire aux gens ce qu’il veut. Ceci le porta à réfléchir. Il laissa là son jeu et il se prit à songer sérieusement à sa nouvelle situation.
Il était en grande perplexité à cause de trop de choses qui, dans sa vie, avaient changé.
Il avait, le matin, l’habitude d’aller en la chambre du roi, où étaient suspendus les deux grands portraits d’Henri IV et de Marie de Médicis, et il disait aux portraits : « Bonjour, papa ! Bonjour, maman ! » Il pouvait encore dire « bonjour, maman », mais que fallait-il dire au roi et comment ferait-il comprendre au portrait qu’il avait tant de chagrin ?
Et que de choses encore qu’il ne savait comment accorder à sa vie nouvelle !
Ainsi, il aime beaucoup sa sœur Élisabeth, c’est la « Madame » qu’il préfère — surtout ce matin où elle lui a prêté Cupidon. Il joue souvent à la servir à table, il se tient derrière son siège, la serviette sur l’épaule, fait « l’essai » des viandes, mange, selon l’usage, la mie de pain qui les a touchées, — c’est pour s’assurer qu’on n’y a point mis de poison, — va quérir à boire, fait avec cérémonie les fonctions de cavalier servant. Cela l’amuse énormément. Mais on lui a dit que ce n’était plus permis parce qu’un roi est un trop grand personnage pour servir à table personne. Mais ce qu’il en faisait, ce n’était pas pour servir sa sœur, c’était pour s’amuser ; alors, un roi ne peut donc jamais s’amuser ?
Ces réflexions sur la grandeur royale l’entraînent aux pensées graves. C’est une grosse charge que d’être roi à neuf ans. Il va falloir qu’il s’occupe de marier ses sœurs. Quelle affaire ! Madame Henriette, qui a un an, va être très difficile à marier.
Jésus aima les petits enfants. Ils sont simples, candides, purs, confiants, vertus qui plaisent tant au Sauveur. Les Apôtres, gens rudes, chassaient les petits qui, se glissant dans la foule, sans même être aperçus, voulaient, eux aussi, voir le Bon Maître. Mais Jésus, dans sa douce bonté, disait : « Laissez venir…




