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4 novembre 2026Saint Charles Borromée, Archevêque de Milan

Charles Bor­ro­mée naquit le 2 octobre 1538 dans l’une des plus nobles familles de Milan. Enfant sérieux et doux, il mon­tra un grand amour de la litur­gie et des choses d’É­glise aus­si, dès l’âge de 7 ans, reçut-il la ton­sure comme aspi­rant à l’é­tat ecclé­sias­tique. Il n’a­vait que 22 ans lorsque son oncle, le pape Pie IV, le créa car­di­nal : il fut ordon­né prêtre en 1563. Charles Bor­ro­mée eut une part consi­dé­rable à la reprise et à l’heu­reuse conclu­sion du Concile de Trente. Deve­nu arche­vêque de Milan, il se dévoua d’une façon abso­lue à l’ac­com­plis­se­ment de sa charge pas­to­rale. Il s’at­ta­cha tout par­ti­cu­liè­re­ment à la for­ma­tion et au per­fec­tion­ne­ment moral des prêtres et des reli­gieux. La plus mer­veilleuse de ses œuvres fut la créa­tion de sémi­naires dio­cé­sains dont les règle­ments ser­virent de modèle à tous ceux qui s’é­ta­blirent dans la suite. L’hu­mi­li­té et le zèle du saint car­di­nal-arche­vêque allaient de pair : on le vit prê­cher et caté­chi­ser les petites gens, vou­lant se faire connaître d’eux pour gagner leur confiance et les rame­ner au bien. Sa cha­ri­té était admi­rable ; au cours de la grande peste qui déso­la Milan en 1576, il refu­sa de quit­ter la ville et se mit à l’œuvre pour por­ter secours aux pes­ti­fé­rés à l’af­fût de tous les ser­vices tem­po­rels à rendre aux vic­times du fléau, il pres­cri­vit d’autre part des sup­pli­ca­tions publiques et des péni­tences dans les­quelles on le voyait tou­jours au pre­mier rang. Sa vie pour­rait se résu­mer en cette phrase : Charles Bor­ro­mée, inflexible quand il s’a­gis­sait de main­te­nir la dis­ci­pline, sut se faire aimer de son peuple comme un père. Il mou­rut dans la nuit du 3 au 4 novembre 1584, à l’âge de 46 ans.


Ouvrage : Un saint à votre nom | Auteur : Beurrier, Dom | Illustration : Dionnet, René
Archevêque de Milan
1538 – 1584
Fête le 4 novembre

Saint Charles Bor­ro­mée vécut en un temps où bien des choses allaient de tra­vers dans les affaires du monde et même dans celles de l’Église.

Fils du comte Gil­bert et de Mar­gue­rite de Médi­cis, sœur du pape Pie IV, il naquit au châ­teau-fort de Bor­ro­méo, près du lac Majeur, en Ita­lie du Nord, le 2 octobre 1538.

Le jeune Charles ne tira pas vani­té de sa noble nais­sance et ne se crut pas, pour autant, dis­pen­sé de tra­vailler. Au contraire, il était un élève très appli­qué et il rem­por­ta beau­coup de suc­cès. Notre étu­diant ache­vait ses études, quand son oncle fut élu pape, sous le nom de Pie IV.

Or Charles, depuis l’âge de dix ans, dési­rait deve­nir prêtre. Le pape, son oncle, le voyant ins­truit et dési­reux de ser­vir la sainte Église, le fit venir auprès de lui, à Rome.

Peu de temps après son arri­vée, il le nom­ma car­di­nal — le car­di­na­lat est une digni­té qui se don­nait même à des non prêtres. Il lui confia dif­fé­rentes charges impor­tantes, en par­ti­cu­lier l’ad­mi­nis­tra­tion de diverses provinces.

Mais, le jeune « prince de l’É­glise » avait encore des pro­grès à faire en sain­te­té. Il s’in­quié­tait trop de bien caser les membres de sa famille et per­dait beau­coup de temps à la chasse. Cepen­dant, il prit bien­tôt ses obli­ga­tions très au sérieux ; dès lors, il était sur le bon chemin.

La plus impor­tante de ses tâches fut l’a­chè­ve­ment du « Concile de Trente» — du nom de la ville de Trente, où avait lieu cette assem­blée. C’é­tait une réunion d’é­vêques qui tra­vaillaient aux affaires de l’É­glise. Le car­di­nal Bor­ro­mée s’y employa jour et nuit, et eut le bon­heur de réussir.

Après avoir si bien méri­té au ser­vice du pape et de l’É­glise, il fut ordon­né prêtre, devint évêque en 1563, et peu après, arche­vêque de Milan ; il avait vingt-cinq ans. À par­tir de cette date, il mena la vie aus­tère d’un véri­table saint.

Le jeune arche­vêque quit­ta Rome et alla demeu­rer à Milan, sa ville épis­co­pale, car c’est un devoir pour les pas­teurs de vivre au milieu de leurs brebis.

Ouvrage : Bayard | Auteur : Sève, André | Illustration : Hi-Ta

Le Troubadour d’Assise

Saint François chante le Cantique du Soleil

Un matin qu’il souf­frait d’une façon presque into­lé­rable, Fran­çois s’a­che­mi­na péni­ble­ment vers Saint-Damien. Il y avait là sainte Claire, dont j’au­rais vou­lu vous par­ler aus­si, mais ce sera pour une autre fois. Du haut du petit bal­con qui domine la plaine, Fran­çois res­pi­ra lon­gue­ment la fraî­cheur et l’al­lé­gresse de l’au­rore. Puis, sa voix,

qui était deve­nue si faible, retrou­va sou­dain la fer­me­té et le velou­té des années de jeu­nesse, et il chan­ta le Can­tique du Soleil. C’est un des plus beaux chants d’a­mour de Dieu jaillis du cœur d’un homme.

Loué sois-tu, ô mon Dieu ! et toutes tes créa­tures. Et d’a­bord mes­sire notre frère le Soleil ; il nous donne le jour et tu nous éclaires par lui ; il est beau et rayon­nant avec grande splen­deur : il est ton sym­bole, ô Très-Haut !

Loué sois-tu, mon Dieu, pour notre sœur la Lune et nos sœurs les Étoiles, pré­cieuses et belles.

Loué sois-tu, mon Dieu, pour notre frère le Vent, pour l’air et les nuages, et le ciel bleu et tous les temps, par les­quels toutes les créa­tures peuvent vivre.

Loué sois-tu, mon Dieu, pour notre sœur l’Eau, qui est ser­viable, humble, fraîche et pure.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux
qui pardonnent par amour pour toi
Ouvrage : Bayard | Auteur : Sève, André | Illustration : Hi-Ta

Le Troubadour d’Assise

Saint François prêche les croisés

Les Frères deve­naient si nom­breux qu’à la Pen­te­côte 1219 on put en comp­ter plus de 3 000 qui cam­pèrent dans les bois de la Por­tion­cule. On déci­da d’en­voyer des mis­sion­naires à Tunis, au Maroc et en Égypte. Fran­çois prit la tête de l’ex­pé­di­tion d’É­gypte, et il arri­va un beau jour au milieu des Croi­sés qui fai­saient le siège de Damiette.

Vous com­pre­nez bien qu’il n’é­tait pas venu pour faire la guerre, mais pour conqué­rir des âmes à Dieu. II s’oc­cu­pa d’a­bord des chevaliers : 

— Vous por­tez une croix sur vos habits : il fau­drait aus­si la por­ter dans le cœur. Mal­heur à celui qui ne se bat pas pour déli­vrer le Tom­beau du Christ, mais pour la vio­lence et la rapine !

Puis il fait une chose folle. Le voi­là qui s’en va vers les tentes des Maures en criant :

— Sul­tan ! Sultan !

Sur­pris, les Sar­ra­sins, tout en le mal­me­nant, le conduisent quand même devant Malek-el-Kamil. Le sul­tan regarde un moment ce petit homme maigre qui a osé venir jus­qu’à lui. Un signe, l’éclair

Saint François parle au sultan
Ouvrage : Tout l'Évangile en images | Auteur : Baeteman, R. P. J.

Un roi vou­lant régler ses comptes, fit appe­ler ses ser­vi­teurs. L’un d’eux lui devait envi­ron dix mille talents, somme très forte. Il obtint par ses ins­tantes sup­pli­ca­tions d’être déchar­gé de cette dette énorme. Mais, étant sor­ti, ce ser­vi­teur ren­con­tra un de ses com­pa­gnons qui lui devait cent deniers, quatre-vingt de…

Ouvrage : Bayard | Auteur : Sève, André | Illustration : Hi-Ta

Le Troubadour d’Assise

Le loup de Gubbio

Un triste jour d’hi­ver, Fran­çois s’en allait vers Gub­bio. Mais voi­ci que par­tout on lui dit de rebrous­ser che­min. Un loup ter­rible, bien plus fort et plus mau­vais que les autres, sème la ter­reur à Gub­bio et aux environs.

— On n’ose plus sortir !

— Je vais m’oc­cu­per de ça, dit François.

Et le voi­là par­ti à la recherche du loup. Pas dif­fi­cile de le trou­ver, avec ses traces dans la neige. D’ailleurs, sûr de sa force, il ne se cachait guère. Dans une clai­rière, ils se trou­vèrent subi­te­ment face à face la grande bête mau­vaise et le petit Frère aux yeux rayonnants.

Ils se regar­dèrent un moment sans bou­ger. Puis Fran­çois fit un grand signe de croix.

— Frère loup, approche !

Len­te­ment, comme à regret, mais déjà obéis­sant, il avance et paraît plus énorme encore près du ché­tif Fran­çois. Il se couche à ses pieds comme un chien fidèle qui aurait fait des bêtises.

Le loup se soumet à saint François