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22 février 2026La Chaire de saint Pierre à Antioche

Cette fête, très ancienne, puisque saint Ignace la men­tionne déjà au Ier siècle, a pour but d’ho­no­rer saint Pierre dans son titre d’é­vêque d’An­tioche. En effet, lorsque les Apôtres se par­ta­gèrent le monde, la Syrie échut à Pierre, qui éta­blit sa chaire, autre­ment dit son siège épis­co­pal, à Antioche, capi­tale de la pro­vince. La Pro­vi­dence, semble-t-il, vou­lait que le pre­mier vicaire de Jésus-Christ, comme pas­teur de l’É­glise uni­ver­selle, prê­chât en quelque sorte par toute la terre, en annon­çant la véri­té à trois peuples par­ti­cu­liè­re­ment repré­sen­ta­tifs : les Juifs, les Grecs et les Romains. Après avoir exer­cé ses fonc­tions pas­to­rales en Judée, il les exer­ça à Antioche à l’é­gard des Grecs, en atten­dant de prendre le che­min de Rome. La pré­di­ca­tion de saint Pierre à Antioche por­ta tant de fruits que c’est en cette ville, au témoi­gnage des Actes des Apôtres, que les fidèles reçurent pour la pre­mière fois le nom de « chrétiens ».


Ouvrage : Tout l'Évangile en images | Auteur : Baeteman, R. P. J.

Vou­lant éprou­ver la foi de ses dis­ciples, Jésus leur deman­da : « Qui dit-on que je suis ? » Les apôtres avan­cèrent que, mal­gré tous les miracles qu’il avait accom­plis, on ne le recon­nais­sait pas encore pour le Mes­sie, mais pour un simple pro­phète. Notre-Sei­­gneur, alors s’a­dres­sant aux Apôtres : « Et vous, qui dites-vous que…

Ouvrage : D'un pas alerte | Auteur : Wallace, Lewis

Le combat naval

L'histoire de Ben-Hur, imaginée par un écrivain autour des scènes réelles rapportées par les Évangiles, nous ramène aux premiers temps du Christianisme. Jeune Juif, Ben-Hur a été injustement accusé d'avoir voulu tuer un chef romain. Condamné à ramer sur les galères, il a réussi à mériter l'estime de Quintus Arrius, le commandant, qui pourra sans doute le faire libérer. Mais voici que s'engage un combat naval entre les galères romaines et les bateaux pirates. 

1. Le com­bat se rap­pro­chait. Sou­dain un corps pas­sa comme un pro­jec­tile et s’a­bat­tit sur le plan­cher, aux pieds de Ben-Hur. Celui-ci se pen­cha et vit que le bles­sé était un Bar­bare demi-nu, à peau très blanche, à che­veux noirs, qui por­tait encore, fixé à son bras, un bou­clier d’o­sier. Celui-là, au moins, ne connaî­trait pas le pillage ! 

En le regar­dant, Ben-Hur eut peur : « Les enne­mis sent pro­ba­ble­ment en grand nombre ! se disait-il. Que va-t-il adve­nir de nous ? Fuir ? Hélas ! cela ne ser­vi­rait à rien. Or, si je veux essayer de retrou­ver ma mère et ma sœur, il faut que je sois libre, léga­le­ment libre. Et cette liber­té, un seul homme est assez puis­sant pour obte­nir qu’on me la rende : Quin­tus Arrius. Faites, Sei­gneur, qu’il ne meure pas ! Sinon, je suis per­du à jamais ! » 

Il leva les yeux. Les galé­riens avaient lâché leurs avi­rons. La plu­part d’entre eux essayaient, en vain d’ailleurs, de rompre leurs chaînes.

2. Ben-Hur se sou­vint qu’il n’é­tait pas enchaî­né. Alors, sans réflé­chir plus long­temps, il se dres­sa et gra­vit en cou­rant l’échelle. 

Lors­qu’il attei­gnit le pont, il consta­ta, à la lueur des fanaux, qu’on se bat­tait par­tout. Les légion­naires[1] conti­nuaient à tom­ber l’un après l’autre, acca­blés sous le nombre des assaillants. La mer était cou­verte de débris de toutes sortes. Au large, des navires éven­trés ache­vaient de som­brer. D’autres pro­je­taient jus­qu’au ciel la lueur de leurs incendies.

Ben-Hur crut aper­ce­voir la haute sil­houette de Quin­tus Arrius. À cet ins­tant, il lui sem­bla que, sous ses pieds, le pont se sou­le­vait avec une rapi­di­té et une force pro­di­gieuse. Il per­dit l’é­qui­libre, tré­bu­cha, fit quelques pas en titu­bant. Avec la même rapi­di­té, le pont s’a­bais­sa, puis se bri­sa. Le jeune homme com­prit ce qui se pas­sait : les pirates avaient épe­ron­né la galère romaine, sans se sou­cier de ceux des leurs qui se trou­vaient à bord ! 

Ben-Hur sur une galère dans la bataille navale.
Histoires chrétiennes pour les jeunes.

3. Le tin­ta­marre était assour­dis­sant. Le mât s’a­bat­tit. Enfin, le pont s’ou­vrit. Ben-Hur fut entraî­né dans une chute ver­ti­gi­neuse et l’eau se rua sur lui avec un gron­de­ment de tonnerre. 

  1. [1] Sol­dats romains embar­qués sur la galère. Les pirates bar­bares sont leurs assaillants.
Ouvrage : Revue Bernadette

Religieuses Augustines de l’Hôtel-Dieu de Paris

VERS l’an 651, saint Lan­dry, évêque de Paris, fit bâtir près de son église une mai­son pour soi­gner les prêtres malades. Ce serait l’o­ri­gine de l’Hôtel-Dieu. 

Non loin de là vivaient des reli­gieuses qui avaient pour tâche de blan­chir le linge de l’é­glise ; l’é­vêque Robert, suc­ces­seur de saint Lan­dry, leur confia le soin de cet hôpi­tal et chan­gea leur vœu de clô­ture en celui de ser­vir les pauvres malades. 

L’hô­pi­tal reçut d’a­bord le nom de Saint-Chris­tophe ; plus tard, il fut appe­lé Mai­son de Dieu, puis Hôtel-Notre-Dame, et enfin Hôtel-Dieu.

En 1002, le Cha­pitre de Notre-Dame fut char­gé de l’ad­mi­nis­trer, et chaque cha­noine, en mou­rant, devait léguer son lit à cet hôpital. 

En 1217, le Cha­pitre don­na aux reli­gieuses de l’Hô­tel-Dieu un règle­ment ins­pi­ré de la règle de saint Augus­tin, d’où leur nom d’Augus­tines.

Mal­gré les agran­dis­se­ments appor­tés au cours des siècles, cet hôpi­tal ne suf­fi­sait pas à secou­rir tous les malades ; l’en­com­bre­ment était si grand, sur­tout aux temps d’é­pi­dé­mie, qu’on était obli­gé d’en­tas­ser trois, quatre, six malades et plus dans le même lit. 

Lorsque Hen­ri IV fit construire l’hô­pi­tal Saint-Louis pour les pes­ti­fé­rés, il le confia aux Augustines. 

Le bon renom de l’Hô­tel-Dieu se répan­dit et de nom­breuses villes de pro­vince firent appel au dévoue­ment de ses religieuses. 

Les guerres et les épi­dé­mies valurent des dif­fi­cul­tés de toutes sortes à la Congré­ga­tion, et, à diverses époques, des réformes jurent appor­tées à l’Hô­tel-Dieu. La plus impor­tante fut celle qui sui­vit les guerres de reli­gion. Sœur Gene­viève Bou­quet, deve­nue prieure sous le nom de Mère du Saint-Nom de Jésus, qui déjà avait ins­ti­tué un Novi­ciat, la mena à bien, avec l’aide de saint Vincent de Paul et de mes­sire Fran­çois Lad­vo­cat, cha­noine de Paris qui, en 1652, per­fec­tion­na les sta­tuts et rédi­gea de nou­velles Consti­tu­tions. Ces Consti­tu­tions sont tou­jours en vigueur ; elles ont seule­ment été mises en accord avec la légis­la­tion cano­nique actuelle et avec les pro­grès de la science. 

Détruit par un incen­die en 1772, l’Hô­tel-Dieu fut réédi­fié sur le même empla­ce­ment. C’é­tait une réunion de bâti­ments construits irré­gu­liè­re­ment et s’é­ten­dant paral­lè­le­ment sur les deux rives du petit bras de la Seine. Il com­pre­nait 28 salles spa­cieuses avec 800 lits en temps ordi­naire. Le ser­vice était assu­ré par 8 méde­cins et 3 chi­rur­giens assis­tés de 23 Sœurs hos­pi­ta­lières et de 20 novices. 

Pen­dant la Révo­lu­tion, les Augus­tines durent quit­ter leur habit reli­gieux, mais elles demeu­rèrent à leur poste de cha­ri­té dans leur hôpi­tal appe­lé Grand hos­pice de l’hu­ma­ni­té.

Quand la paix reli­gieuse fut réta­blie, les Sœurs reprirent leur cos­tume et les exer­cices de la vie de com­mu­nau­té. La Congré­ga­tion se déve­lop­pa ; elle fut char­gée du ser­vice d’autres hôpi­taux : la Cha­ri­té, Beau­jon, Lariboisière. 

Les révo­lu­tions de 1830 et de 1848, les épi­dé­mies de cho­lé­ra de 1832, de 1849, de 1865, leur don­nèrent l’oc­ca­sion d’exer­cer leur admi­rable dévoue­ment. De mème les san­glantes jour­nées de la Com­mune, en 1871 ; les com­mu­nards leur impo­sèrent le nom de « Sœur de la Com­mune », un bon­net noir et une cein­ture rouge sur leur robe noire, mais elles res­tèrent au che­vet des malades et des bles­sés, dans leur Hôtel-Dieu laïcisé. 

Le vieil hôpi­tal a été démo­li sous le second Empire et rem­pla­cé par la construc­tion gran­diose qui s’é­tend du par­vis Notre-Dame jus­qu’au grand bras de la Seine ; elle fut ache­vée en 1878. La sta­tue de Char­le­magne et le jar­di­net qui l’en­toure marquent l’emplacement de l’an­cien Hôtel-Dieu. 

Les lois de laï­ci­sa­tion détrui­sirent, à la fin du XIXe siècle, ce que pen­dant plus de douze cents ans les guerres et les révo­lu­tions avaient res­pec­té. Les Augus­tines durent quit­ter la Cha­ri­té, Beau­jon, et Lari­boi­sière en 1887 ; en jan­vier 1908, elles furent expul­sées de Saint-Louis et de l’Hôtel-Dieu. 

Elles se réfu­gièrent 66, rue des Plantes, à l’hô­pi­tal de Notre-Dame de Bon-Secours, fon­dé en 1879 par M. Car­ton, curé de Saint-Pierre de Montrouge. 

C’est là que se trouvent la mai­son-mère et le novi­ciat de la Congrégation. 

Les reli­gieuses Augus­tines des­servent aus­si l’hô­pi­tal Bou­ci­caut fon­dé en 1887, l’hô­pi­tal Debrousse fon­dé en 1892, la mai­son de conva­les­cence d’É­pi­nay-sur-Seine, la mater­ni­té Cognacq-Jay, et plu­sieurs cli­niques pri­vées. Pen­dant la grande guerre, elles exer­cèrent leur minis­tère cha­ri­table auprès des bles­sés à l’hô­pi­tal Marie-Lan­ne­longue et à l’hô­pi­tal mili­taire du lycée Buffon. 

Aux trois vœux ordi­naires, les Augus­tines en ajoutent un qua­trième : le ser­vice des pauvres malades. 

Le pre­mier acte de la jeune pos­tu­lante en entrant dans la Congré­ga­tion est la prise du « tablier d’ordre », insigne de leur digni­té de ser­vantes des pauvres. Chaque pos­tu­lante est accom­pa­gnée d’une « petite mère » qui la suit comme un ange gar­dien pour l’i­ni­tier à sa nou­velle vie et lui apprendre les petits détails du ser­vice hospitalier. 

Au bout de six mois, la pos­tu­lante revêt l’ha­bit reli­gieux : robe noire, voile blanc, cha­pe­let au côté, et elle com­mence son noviciat. 

Avec une for­ma­tion reli­gieuse très pro­fonde, la novice reçoit une for­ma­tion tech­nique solide et très éten­due qui la rend apte à tous les offices. 

Les novices suivent, en outre, des cours spé­ciaux sur toutes les branches de la science infir­mière, et elles passent des exa­mens pour obte­nir le diplôme de l’As­sis­tance publique. 

Après trois années de novi­ciat et trois ans de vœux tem­po­raires, elles sont admises à pro­non­cer leurs vœux per­pé­tuels. Elles ajoutent à leur cos­tume la cein­ture augus­ti­nienne de cuir, le rosaire au côté gauche, le ban­deau blanc, la guimpe blanche, le voile noir et le man­teau de chœur. 

Depuis quelques années, Sous le nom de « Petites-Sœurs auxi­liaires », ont été réta­blies les « Sœurs de la Chambre » que la Révo­lu­tion avait sup­pri­mées, et qui avaient pour tâche de secon­der les reli­gieuses Augus­tines dans tous leurs tra­vaux. [1]

  1. [1] Ce texte date de 1938. En rai­son de la raré­fac­tion des voca­tions, diverses branches des Augus­tines ont fusion­né durant la seconde moi­tié du XXe siècle
Ouvrage : Le Sanctuaire

Conte d’Épiphanie

Per­met­tez-moi de vous pré­sen­ter Pouf. C’est un petit homme de 5 ans, bien plan­té sur de robustes mol­lets. Fri­mousse éveillée, che­veux en boucles, grands yeux d’a­zur. Je ne sau­rais vous dire” en quelle cir­cons­tance il se rebap­ti­sa lui-même, car, de mémoire d’homme, on ne connut jamais de saint Pouf au calendrier.

Or, notre Pouf mani­feste de très bonne heure la pas­sion des voyages. À sa grande joie, il reçut l’an pas­sé, pour ses étrennes, une superbe Citroën, modèle réduit, à l’aide de laquelle il fait du 4 à l’heure en pédales, sur l’a­ve­nue pari­sienne qu’­ha­bitent ses parents. Un seul acci­dent jus­qu’i­ci. Résul­tat : une énorme bosse au front ; mais qu’est-ce cela en com­pa­rai­son de plai­sirs inex­pri­mables Aujourd’­hui une panne l’ar­rê­ta ; oh ! une petite panne de rien du tout, très vite répa­rée par le jeune chauf­feur et sa gou­ver­nante Anna qu’il déteste, parce qu’elle raconte toutes ses pec­ca­dilles à maman : M. Pouf par-ci, M. Pouf par là… ça n’en finit plus.

Ren­tré de pro­me­nade, il regarde son livre d’i­mages pré­fé­ré, celui qui le mène dans tous les pays du monde. Sou­dain son index s’ar­rête sur un nègre :

— Oh ! fait-il, comme il res­semble à l’un des rois mages, celui-là. Ils sont venus de très loin, les mages ?

Anna, cap­ti­vée par une lec­ture atta­chante, ne répond pas.

— Ils sont venus par le train ou en auto ? 

Anna s’é­nerve.

— Tai­sez-vous, Pouf.

Pouf ne se tait pas, et déclare qu’il racon­te­rait tout de suite à maman qu’An­na est méchante, si maman ne dînait pas en ville.

Les dîners en ville, en voi­là encore une inven­tion ! Pen­dant que les parents y dévorent de bonnes choses, les enfants res­tent à la mai­son. Est-ce juste, cela ? Pouf se sent d’es­prit fron­deur ce soir. Il faut qu’An­na réponde ou alors… Il darde sur sa bonne des pru­nelles volon­taires et pour la troi­sième fois, demande :

— Enfin, je veux savoir d’où ils sont venus, les mages ?

Anna, ayant ter­mi­né son roman qui finit bien, daigne répondre :

— De très, très loin.

— Plus loin que la gare Saint-Lazare ?

Anna éclate de rire, sans savoir que son jeune maître a conser­vé de cette course un sou­ve­nir de fatigue inénarrable.

Mais Pouf n’aime pas qu’on se moque de lui. Il tré­pigne, la colère le guette.

Ren­tré de pro­me­nade, Pouf regarde son livre d’i­mages préféré.

— Les mages sont venus d’O­rient à pied, dit-elle, gui­dés par une étoile. Il leur fal­lut de longs jours pour arri­ver à la cha­pelle où vous les admi­rez depuis plus d’un mois. Leur avez-vous dit adieu, au moins ? Demain, ils seront repartis.

Ouvrage : La semaine de Suzette | Auteur : Valdor | Illustration : Morin, Henry

La tour de Grandcroix (fin)

La reprise des rela­tions entre la famille Ver­dier et le manoir de Grand­croix fut, comme bien l’on pense, mise aus­si­tôt à pro­fit par Gene­viève et ses petits voi­sins. Dès le len­de­main, les enfants du per­cep­teur vinrent chez le marquis, …

… et une par­tie de cache-cache fut orga­ni­sée dans les ruines qui se prê­taient admi­ra­ble­ment à ce jeu. Lucienne, fure­tant de droite et de gauche, pour trou­ver une cachette, en décou­vrit une qui lui parut mer­veilleuse. C’é­tait un petit réduit ména­gé entre de vieux pans de murs à demi écrou­lés et dont l’en­trée était cachée par un rideau de lierre.

Ayant sou­le­vé le feuillage, la fillette se glis­sa dans le réduit et se blot­tit au fond, mais la paroi contre laquelle elle s’ap­puyait céda tout à coup sous son poids et un ébou­le­ment se pro­dui­sit, Lucienne faillit tom­ber à la renverse.

Quand elle eut repris son équi­libre et que le nuage de pous­sière se fut dis­si­pé, elle aper­çut, à l’en­droit où la paroi s’é­tait effon­drée, une cavi­té assez profonde…

… une sorte de pla­card, dans lequel était posé un coffre bar­dé de fer et muni de fortes ser­rures, le tout recou­vert d’une épaisse couche de rouille. Lucienne se ren­dit compte qu’elle avait fait une impor­tante découverte.