Au début du VIIe siècle, l’empereur Phocas donna au pape Boniface IV ce qu’on appelait le Panthéon : c’était un édifice construit autrefois par Agrippa en l’honneur d’Auguste et dédié à tous les dieux du paganisme. Le Pape transforma ce temple en église : il y fit transporter une grande quantité de saintes reliques et dédia l’édifice à sainte Marie et aux Martyrs. Plus tard, par une légère modification dans le titre, l’église fut consacrée à sainte Marie et à tous les Saints. Le pape Grégoire VII fixa au 1ᵉʳ novembre l’anniversaire de cette dédicace. Quoi qu’il en soit, actuellement l’Église, par la fête de la Toussaint, a l’intention d’honorer dans son ensemble l’immense famille des élus. Jour de joie, comme le chante l’Introït Gaudeamus. Mais aussi jour de réflexion : car, si l’épître nous montre les saints dans l’éclat de leur gloire, l’évangile nous indique la voie étroite par laquelle ils ont dû passer : « Bienheureux les pauvres… Bienheureux les doux… Bienheureux ceux qui pleurent… Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice… Bienheureux les miséricordieux…, les cœurs purs…, les pacifiques… Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice… ».
Un matin qu’il souffrait d’une façon presque intolérable, François s’achemina péniblement vers Saint-Damien. Il y avait là sainte Claire, dont j’aurais voulu vous parler aussi, mais ce sera pour une autre fois. Du haut du petit balcon qui domine la plaine, François respira longuement la fraîcheur et l’allégresse de l’aurore. Puis, sa voix,
qui était devenue si faible, retrouva soudain la fermeté et le velouté des années de jeunesse, et il chanta le Cantique du Soleil. C’est un des plus beaux chants d’amour de Dieu jaillis du cœur d’un homme.
Loué sois-tu, ô mon Dieu ! et toutes tes créatures. Et d’abord messire notre frère le Soleil ; il nous donne le jour et tu nous éclaires par lui ; il est beau et rayonnant avec grande splendeur : il est ton symbole, ô Très-Haut !
Loué sois-tu, mon Dieu, pour notre sœur la Lune et nos sœurs les Étoiles, précieuses et belles.
Loué sois-tu, mon Dieu, pour notre frère le Vent, pour l’air et les nuages, et le ciel bleu et tous les temps, par lesquels toutes les créatures peuvent vivre.
Loué sois-tu, mon Dieu, pour notre sœur l’Eau, qui est serviable, humble, fraîche et pure.
Les Frères devenaient si nombreux qu’à la Pentecôte 1219 on put en compter plus de 3 000 qui campèrent dans les bois de la Portioncule. On décida d’envoyer des missionnaires à Tunis, au Maroc et en Égypte. François prit la tête de l’expédition d’Égypte, et il arriva un beau jour au milieu des Croisés qui faisaient le siège de Damiette.
Vous comprenez bien qu’il n’était pas venu pour faire la guerre, mais pour conquérir des âmes à Dieu. II s’occupa d’abord des chevaliers :
— Vous portez une croix sur vos habits : il faudrait aussi la porter dans le cœur. Malheur à celui qui ne se bat pas pour délivrer le Tombeau du Christ, mais pour la violence et la rapine !
Puis il fait une chose folle. Le voilà qui s’en va vers les tentes des Maures en criant :
— Sultan ! Sultan !
Surpris, les Sarrasins, tout en le malmenant, le conduisent quand même devant Malek-el-Kamil. Le sultan regarde un moment ce petit homme maigre qui a osé venir jusqu’à lui. Un signe, l’éclair
Un roi voulant régler ses comptes, fit appeler ses serviteurs. L’un d’eux lui devait environ dix mille talents, somme très forte. Il obtint par ses instantes supplications d’être déchargé de cette dette énorme. Mais, étant sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniers, quatre-vingt de…
Un triste jour d’hiver, François s’en allait vers Gubbio. Mais voici que partout on lui dit de rebrousser chemin. Un loup terrible, bien plus fort et plus mauvais que les autres, sème la terreur à Gubbio et aux environs.
— On n’ose plus sortir !
— Je vais m’occuper de ça, dit François.
Et le voilà parti à la recherche du loup. Pas difficile de le trouver, avec ses traces dans la neige. D’ailleurs, sûr de sa force, il ne se cachait guère. Dans une clairière, ils se trouvèrent subitement face à face la grande bête mauvaise et le petit Frère aux yeux rayonnants.
Ils se regardèrent un moment sans bouger. Puis François fit un grand signe de croix.
— Frère loup, approche !
Lentement, comme à regret, mais déjà obéissant, il avance et paraît plus énorme encore près du chétif François. Il se couche à ses pieds comme un chien fidèle qui aurait fait des bêtises.
Plusieurs, en l’écoutant, ont envie de faire comme lui et le suivent. Il y aura d’abord Bernard de Quintavalle, un homme riche, grave et réfléchi ; Pierre de Cattani, le conseiller de l’évêché ; Égide le paysan, Ange le chevalier, le prêtre Sylvestre. Et, un peu plus tard, le grand Masseo, le doux Léon, l’amusant Genièvre, Divini, le roi des troubadours…
Bientôt, des centaines, puis des milliers, surtout après l’approbation du Pape Innocent III.
Que de belles choses à raconter sur ces débuts de la vie franciscaine des histoires si jolies qu’on en a fait un livre qui s’appelle Fioretti,
parce que la vie des saints c’est comme un bouquet de fleurs, douces à regarder et bonnes à sentir. Tenez, vous voulez savoir ce que fit un jour le Frère cuisinier, notre malicieux Genièvre ? Il avait remarqué que les Frères se préoccupaient un peu trop de leur nourriture et que lui passait beaucoup de temps à préparer les repas.