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4 octobre 2026Saint François d’Assise, Confesseur

Il naquit en 1182, à Assise, en Ita­lie. Son père, le riche mar­chand dra­pier Pierre Ber­nar­done, qui se trou­vait reve­nir de France, l’ap­pe­la Fran­çois. À 16 ans, l’a­do­les­cent se vit asso­cié au com­merce pater­nel. Il pré­fé­ra la car­rière des armes, mais bien­tôt la mala­die le contrai­gnit à quit­ter le camp. Il s’ap­pli­quait alors à connaître ce que Dieu atten­dait de lui, lorsque, priant un jour devant la cha­pelle déla­brée de Saint-Damien, il crut s’en­tendre récla­mer la res­tau­ra­tion maté­rielle des églises en ruines. Il s’y mit aus­si­tôt avec de telles dépenses que, par crainte d’une faillite pro­chaine, son père le déshé­ri­ta. Fran­çois se fit alors men­diant pour son chan­tier. Ayant enten­du chan­ter à la messe cette phrase de l’É­van­gile : « Ne pre­nez ni or, ni argent, ni bâton, ni tunique de rechange, il se revê­tit sur-le-champ à la façon d’un manant de l’é­poque, puis se mit à prê­cher à ses conci­toyens la péni­tence et la paix. Des dis­ciples se joi­gnirent à lui, il écri­vit une règle pour ceux que, par humi­li­té, il vou­lut appe­ler les Frères Mineurs, c’est-à-dire les moindres des reli­gieux. Il créa aus­si un Ordre de femmes, puis un Tiers-Ordre, adap­ta­tion de ses prin­cipes aux per­sonnes du monde. L’Ordre des Frères Mineurs se pro­pa­gea d’une façon extrê­me­ment rapide. En 1221, Fran­çois démis­sion­na de la charge de ministre géné­ral. En 1224, il par­tit avec Frère Léon pour la soli­tude du Mont Alverne, à vingt lieues de Flo­rence. C’est là qu’il fut mira­cu­leu­se­ment mar­qué des stig­mates de la Pas­sion, comme on le rap­pelle à la fête du 17 sep­tembre. Deux ans il fut tor­tu­ré par ces plaies mul­tiples, aux­quelles s’a­jou­tèrent d’autres épreuves d’ordre phy­sique et moral. Enfin, le 3 octobre 1226, il s’en­dor­mit pai­sible et joyeux dans les bras de celle qu’il appe­lait « notre sœur la mort ».


Ouvrage : Bayard | Auteur : Sève, André | Illustration : Hi-Ta

Le Troubadour d’Assise

Saint François fait célébrer une messe dans la chapelle Notre-Dame des Anges restauré

Un an pas­sa, puis deux. Le petit maçon de Jésus avait fini de recons­truire Notre-Dame-des-Anges. Après la Chan­de­leur, le prin­temps risque un œil et les ruis­seaux recom­mencent à rire. Fran­çois avait un peu moins froid dans la petite cabane qu’il s’é­tait construit

dans le bois, près de l’é­glise. Et même, ce matin-là, le 24 février 1209, jour de Saint-Mathias, il avait tout à fait chaud au cœur et il chan­tait fort, comme juste avant qu’il vous arrive un grand bon­heur sans que vous vous en doutiez.

Le curé de Saint-Damien vint dire la messe. Il lut l’É­van­gile plus len­te­ment que d’ordinaire.

Allez et prê­chez. Dites : le royaume des cieux est proche !… N’emportez ni or, ni argent, ni sac pour la route, ni deux tuniques, ni chaus­sures, ni bâton…

Fran­çois eut comme un éblouis­se­ment. Bien des fois il avait enten­du ces paroles, mais, ce matin, il com­pre­nait qu’elles s’a­dres­saient direc­te­ment à lui. Quand Jésus lui

Saint François prêche sur les routes d'Italie
Ouvrage : Bayard | Auteur : Sève, André | Illustration : Hi-Ta

Le Troubadour d’Assise

Saint François reconstruit l'église de Saint Damien

À par­tir de ce moment, il ne se demande plus qu’une chose com­ment vais-je ser­vir Notre-Sei­gneur ? Il allait sou­vent prier dans la petite église de Saint-Damien, bâtie en pleine cam­pagne, à flanc de coteau, au milieu des oli­viers et bien en face de la plaine. Un joli coin pour pen­ser au bon Dieu.

Fran­çois aimait prier devant le grand Cru­ci­fix de bois peint qui domine l’au­tel. Et voi­là qu’un jour, la pein­ture se met à bou­ger, les yeux s’a­niment et une voix douce pro­nonce bien distinctement :

— Va, Fran­çois, recons­truis ma mai­son…, elle s’écroule.

C’est vrai, elle était bien déla­brée, la pauvre petite église de Saint-Damien. Et plus haut, dans la mon­tagne, Saint-Pierre tom­bait en ruine. Et plus bas, dans la plaine, le clo­cher de Sainte-Marie-des-Anges fai­sait pitié. Eh bien ! Fran­çois devien­dra le maçon du bon Dieu.

Oui, mais il y a quel­qu’un à qui tout cela ne plai­sait guère…

Saint François se dépouille de ses vêtements et les rend à son père, Pierre Bernardone
Ouvrage : Bayard | Auteur : Sève, André | Illustration : Hi-Ta

Le Troubadour d’Assise

François d'Assise fils d'un marchand drapier

Il y a long­temps de cela, dans une petite ville d’I­ta­lie appe­lée Assise, on par­lait beau­coup du fils d’un riche mar­chand drapier…

Il s’ap­pe­lait Fran­çois. Il était petit et maigre, mais agréable de figure, avec un sou­rire char­mant. Il fal­lait voir sur­tout ses beaux yeux noirs, à la fois vifs et doux.

C’é­tait un vrai chef au milieu des autres jeunes gens d’As­sise. Mais un chef pour l’a­mu­se­ment, et Dieu, qui lui avait don­né aus­si belle âme que beau visage, atten­dait autre chose de lui.

Il n’é­tait pas du tout avare, mais un jour, pres­sé et éner­vé parce qu’il avait beau­coup de tra­vail dans la bou­tique, il bous­cu­la un mendiant :

― Va-t’en, tu m’ennuies !

Ah ! comme le remords vient vite le mordre. Il plante là les clients, court après le pauvre, s’a­ge­nouille devant lui, demande par­don et donne sa bourse toute pleine d’é­cus. Quand on est capable de faire un geste pareil pour l’a­mour de Dieu, ça prouve qu’on est appe­lé à de grandes choses.

François d'Assise part en guerre contre Pérouse
| Auteur : Dubard, Robert | Illustration : Dionnet, René

(pre­mière par­tie)

LA FONTAINE MIRACULEUSE.

Les cha­noines lais­sés à la garde de la cha­pelle ne man­quaient de rien, si ce n’est d’eau douce. Car il n’y avait sur le Mont, ni fon­taine, ni puits, ni citerne. 

Saint Aubert était à ce sujet en grand embar­ras. Il pria Dieu de tout son cœur, et saint Michel aus­si, de pour­voir les cha­noines en eau. 

Un jour qu’il se trou­vait avec ses clercs au som­met du Mont, avec beau­coup de dévo­tion, le Saint pria ainsi :

— Aus­si vrai­ment qu’au désert, l’eau jaillit de la pierre dure, pour le peuple assoif­fé, aus­si vrai­ment par cha­ri­té, ô Dieu ! donne de l’eau à ce Mont qui n’en a point. 

Quand il eut prié, il se leva, un ange vint lui mon­trer une pierre, qu’il sou­le­va et l’eau cou­la fraîche et claire. Depuis, cette source a gué­ri maints malades. 

Cette fon­taine, appe­lée de St-Aubert en sou­ve­nir de l’é­vêque, avait été enfer­mée dans une tour for­mant avan­cé dans les défenses de l’Ab­baye. Elle est aujourd’­hui tarie ; mais des ves­tiges de l’es­ca­lier y condui­sant et les fon­da­tions de la tour existent encore.

MORT DE SAINT AUBERT.

Quand saint Aubert sen­tit sa fin proche, il réunit ses clercs et leur deman­da quand il serait mort, de faire trans­por­ter son corps au Mont, où il vou­lait être enter­ré dans la cha­pelle de Saint-Michel. 

La mort du saint évêque fut un grand cha­grin pour toute la popu­la­tion. Tout le monde le pleu­rait, car il avait été bon pour tous. Quand il savait où se cachait un pauvre dans la peine, il le visi­tait lui-même, et le récon­for­tait avec bon­té et en par­tant lui fai­sait l’aumône. 

Les cha­noines, après avoir revê­tu le corps des vête­ments épis­co­paux, l’é­ten­dirent dans la bière, et après la céré­mo­nie funèbre à la cathé­drale d’A­vranches, le cer­cueil fut por­té par quatre barons vers le Mont, sui­vis d’une foule considérable. 

Les cha­noines du Mont vinrent rece­voir leur sei­gneur. Ils étaient, dit-on, si affli­gés, qu’ils ne purent rien chan­ter à haute voix. 

Après la céré­mo­nie, le cer­cueil fut enter­ré dans le chœur, la tête vers l’autel. 

Plu­sieurs miracles eurent lieu sur cette tombe.

Après ces miracles les cha­noines pen­sèrent mettre le corps dans une châsse, mais ils mirent à part la tête et le bras droit, pour pou­voir les por­ter en pro­ces­sion, et les mon­trer aux pèle­rins, à l’oc­ca­sion des grandes fêtes. 

Le crâne du Saint por­tait la marque pro­fonde du doigt de l’ange.

CURIOSITÉ PUNIE D’UN CHANOINE.

Les reliques de saint Michel, venant du Mont Gar­gan, avaient été pla­cées dans une boîte scel­lée. Cette boîte était elle même enfer­mée dans un reli­quaire qui demeu­rait sur l’autel. 

Long­temps après la mort d’Au­bert, il y eut un cha­noine curieux, qui deman­dait à cha­cun s’il avait jamais vu reti­rer les reliques.

— Jamais, lui répon­dit-on, ni n’a­vons enten­du dire que quel­qu’un ait osé les reti­rer de la boîte où saint Aubert les a pla­cées. Nous ne savons rien de plus, que ce qui nous a maintes fois été conté par nos ancêtres.

— Par ma foi, répon­dit le cha­noine, l’en­vie m’a pris de les voir. Si Dieu m’aide, ou je les ver­rai, ou j’en mour­rai. Per­met­tez, je vous prie, que je les voie et les tire de la châsse. 

Tous lui recom­man­daient de n’en rien faire. Mais plus les sages conseils étaient don­nés au cha­noine, plus il brû­lait du désir de faire ce qu’il avait dit. 

Il insis­ta tant, qu’à la fin, les autres las­sés, le lais­sèrent agir à son gré. Notre cha­noine, après avoir jeû­né trois jours, et le qua­trième s’être lavé le corps, célé­bra la messe sur l’au­tel de Saint-Michel, où étaient les reliques. 

Quand il eut ter­mi­né l’of­fice divin, il prit la châsse. Il la regar­da lon­gue­ment, puis s’ai­dant d’un cou­teau, il vou­lut en sou­le­ver le cou­vercle. Il leva la main pour le faire, mais sen­tit sou­dain son bras immo­bi­li­sé. La peur le prit. Ses yeux ne virent plus, et ses oreilles n’en­ten­dirent plus. Il vou­lut crier, il ne put, étant tout à coup deve­nu sourd, muet et aveugle. 

Ceux qui le regar­daient accou­rurent vers lui. Le mal­heu­reux pleu­rait à gros san­glots et sup­pliait en son cœur l’ar­change qu’il avait offen­sé de lui faire miséricorde. 

On l’emporta, car il ne pou­vait guère remuer, et, on le mit au lit. Les plaintes et sa misère fai­saient pitié à ceux qui le voyaient. Il mou­rut le len­de­main dans une telle dou­leur et repen­tance qu’on peut espé­rer que Dieu lui aura fait grâce. 

Un autre curieux fut de même puni. Ce fut, cette fois, un jeune homme du nom de Coli­bert. Il avait vou­lu pas­ser une nuit dans l’é­glise, mal­gré la défense qui lui en avait été faite par les cha­noines. On disait alors, que saint Michel venait sou­vent, la nuit, visi­ter son ora­toire, ce qui expli­quait les grandes lueurs qui furent maintes fois aper­çues au-des­sus du Mont. 

Ouvrage : Tout l'Évangile en images | Auteur : Baeteman, R. P. J.

De toutes les paroles de Jésus, il en est une, bien frap­pante : « Quand j’au­rai été éle­vé de terre (c’est- à‑dire cru­ci­fié), j’at­ti­re­rai tout à moi ! » — En effet, quand il mou­rut, il n’a­vait plus autour de lui, que sa Mère, Saint-Jean, Made­leine, c’est tout. Les Juifs l’a­vaient cru­ci­fié, ses apôtres l’a­vaient abandonné…