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17 octobre 2026Sainte Marguerite-Marie, Vierge

Mar­gue­rite-Marie Ala­coque naquit à Vérosvres, au dio­cèse d’Au­tun, le 22 juillet 1647. Très jeune, elle fit le vœu de chas­te­té. À 23 ans, elle entra chez les Visi­tan­dines de Paray-le-Monial. Elle tra­çait bien­tôt ces lignes avec son sang : « Moi, ché­tif et misé­rable néant, pro­teste à mon Dieu me sou­mettre et sacri­fier à tout ce qu’il demande de moi… Tout de Dieu, et rien de moi ; tout à Dieu, et rien à moi ; tout pour Dieu, et rien pour moi. » Puis vinrent les célèbres appa­ri­tions du Sacré-Cœur : « Mon Divin Cœur, lui dit Jésus, est si pas­sion­né d’a­mour pour les hommes que, ne pou­vant plus conte­nir en lui-même les flammes de son ardente cha­ri­té, il faut qu’il les répande… Je t’ai choi­sie, comme un abîme d’in­di­gni­té et d’i­gno­rance, pour l’ac­com­plis­se­ment de ce grand des­sein. » Et Notre-Sei­gneur d’in­di­quer que le culte du Sacré-Cœur serait un culte de répa­ra­tion, et de pré­ci­ser qu’il dési­rait en par­ti­cu­lier la com­mu­nion du pre­mier ven­dre­di du mois, l’Heure Sainte et une fête spé­ciale. Comme plus tard pour Ber­na­dette dans des cir­cons­tances sem­blables, ces révé­la­tions furent pour Mar­gue­rite-Marie la cause de bien des tour­ments : ses supé­rieures la bri­maient, ses sœurs se moquaient d’elle. Mais elle eut pour la sou­te­nir le P. de la Colom­bière, supé­rieur de la mai­son des Jésuites de Paray. Enfin com­prise même dans son couvent, elle mou­rut le 17 octobre 1699, après quatre années de grâces et de conso­la­tions 1.

  1. Voir fête du Sacré-Cœur. ↩︎

Ouvrage : Bayard | Auteur : Sève, André | Illustration : Hi-Ta

Le Troubadour d’Assise

Le loup de Gubbio

Un triste jour d’hi­ver, Fran­çois s’en allait vers Gub­bio. Mais voi­ci que par­tout on lui dit de rebrous­ser che­min. Un loup ter­rible, bien plus fort et plus mau­vais que les autres, sème la ter­reur à Gub­bio et aux environs.

— On n’ose plus sortir !

— Je vais m’oc­cu­per de ça, dit François.

Et le voi­là par­ti à la recherche du loup. Pas dif­fi­cile de le trou­ver, avec ses traces dans la neige. D’ailleurs, sûr de sa force, il ne se cachait guère. Dans une clai­rière, ils se trou­vèrent subi­te­ment face à face la grande bête mau­vaise et le petit Frère aux yeux rayonnants.

Ils se regar­dèrent un moment sans bou­ger. Puis Fran­çois fit un grand signe de croix.

— Frère loup, approche !

Len­te­ment, comme à regret, mais déjà obéis­sant, il avance et paraît plus énorme encore près du ché­tif Fran­çois. Il se couche à ses pieds comme un chien fidèle qui aurait fait des bêtises.

Le loup se soumet à saint François
Ouvrage : Bayard | Auteur : Sève, André | Illustration : Hi-Ta

Le Troubadour d’Assise

Les Fioretti de saint François

Plu­sieurs, en l’é­cou­tant, ont envie de faire comme lui et le suivent. Il y aura d’a­bord Ber­nard de Quin­ta­valle, un homme riche, grave et réflé­chi ; Pierre de Cat­ta­ni, le conseiller de l’é­vê­ché ; Égide le pay­san, Ange le che­va­lier, le prêtre Syl­vestre. Et, un peu plus tard, le grand Mas­seo, le doux Léon, l’a­mu­sant Genièvre, Divi­ni, le roi des troubadours… 

Bien­tôt, des cen­taines, puis des mil­liers, sur­tout après l’ap­pro­ba­tion du Pape Inno­cent III.

Que de belles choses à racon­ter sur ces débuts de la vie fran­cis­caine des his­toires si jolies qu’on en a fait un livre qui s’ap­pelle Fio­ret­ti,

parce que la vie des saints c’est comme un bou­quet de fleurs, douces à regar­der et bonnes à sen­tir. Tenez, vous vou­lez savoir ce que fit un jour le Frère cui­si­nier, notre mali­cieux Genièvre ? Il avait remar­qué que les Frères se pré­oc­cu­paient un peu trop de leur nour­ri­ture et que lui pas­sait beau­coup de temps à pré­pa­rer les repas. 

Ouvrage : Bayard | Auteur : Sève, André | Illustration : Hi-Ta

Le Troubadour d’Assise

Saint François fait célébrer une messe dans la chapelle Notre-Dame des Anges restauré

Un an pas­sa, puis deux. Le petit maçon de Jésus avait fini de recons­truire Notre-Dame-des-Anges. Après la Chan­de­leur, le prin­temps risque un œil et les ruis­seaux recom­mencent à rire. Fran­çois avait un peu moins froid dans la petite cabane qu’il s’é­tait construit

dans le bois, près de l’é­glise. Et même, ce matin-là, le 24 février 1209, jour de Saint-Mathias, il avait tout à fait chaud au cœur et il chan­tait fort, comme juste avant qu’il vous arrive un grand bon­heur sans que vous vous en doutiez.

Le curé de Saint-Damien vint dire la messe. Il lut l’É­van­gile plus len­te­ment que d’ordinaire.

Allez et prê­chez. Dites : le royaume des cieux est proche !… N’emportez ni or, ni argent, ni sac pour la route, ni deux tuniques, ni chaus­sures, ni bâton…

Fran­çois eut comme un éblouis­se­ment. Bien des fois il avait enten­du ces paroles, mais, ce matin, il com­pre­nait qu’elles s’a­dres­saient direc­te­ment à lui. Quand Jésus lui

Saint François prêche sur les routes d'Italie
Ouvrage : Bayard | Auteur : Sève, André | Illustration : Hi-Ta

Le Troubadour d’Assise

Saint François reconstruit l'église de Saint Damien

À par­tir de ce moment, il ne se demande plus qu’une chose com­ment vais-je ser­vir Notre-Sei­gneur ? Il allait sou­vent prier dans la petite église de Saint-Damien, bâtie en pleine cam­pagne, à flanc de coteau, au milieu des oli­viers et bien en face de la plaine. Un joli coin pour pen­ser au bon Dieu.

Fran­çois aimait prier devant le grand Cru­ci­fix de bois peint qui domine l’au­tel. Et voi­là qu’un jour, la pein­ture se met à bou­ger, les yeux s’a­niment et une voix douce pro­nonce bien distinctement :

— Va, Fran­çois, recons­truis ma mai­son…, elle s’écroule.

C’est vrai, elle était bien déla­brée, la pauvre petite église de Saint-Damien. Et plus haut, dans la mon­tagne, Saint-Pierre tom­bait en ruine. Et plus bas, dans la plaine, le clo­cher de Sainte-Marie-des-Anges fai­sait pitié. Eh bien ! Fran­çois devien­dra le maçon du bon Dieu.

Oui, mais il y a quel­qu’un à qui tout cela ne plai­sait guère…

Saint François se dépouille de ses vêtements et les rend à son père, Pierre Bernardone
Ouvrage : Bayard | Auteur : Sève, André | Illustration : Hi-Ta

Le Troubadour d’Assise

François d'Assise fils d'un marchand drapier

Il y a long­temps de cela, dans une petite ville d’I­ta­lie appe­lée Assise, on par­lait beau­coup du fils d’un riche mar­chand drapier…

Il s’ap­pe­lait Fran­çois. Il était petit et maigre, mais agréable de figure, avec un sou­rire char­mant. Il fal­lait voir sur­tout ses beaux yeux noirs, à la fois vifs et doux.

C’é­tait un vrai chef au milieu des autres jeunes gens d’As­sise. Mais un chef pour l’a­mu­se­ment, et Dieu, qui lui avait don­né aus­si belle âme que beau visage, atten­dait autre chose de lui.

Il n’é­tait pas du tout avare, mais un jour, pres­sé et éner­vé parce qu’il avait beau­coup de tra­vail dans la bou­tique, il bous­cu­la un mendiant :

― Va-t’en, tu m’ennuies !

Ah ! comme le remords vient vite le mordre. Il plante là les clients, court après le pauvre, s’a­ge­nouille devant lui, demande par­don et donne sa bourse toute pleine d’é­cus. Quand on est capable de faire un geste pareil pour l’a­mour de Dieu, ça prouve qu’on est appe­lé à de grandes choses.

François d'Assise part en guerre contre Pérouse