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16 août 2026Saint Roch, Confesseur

Roch, d’une noble famille de Mont­pel­lier, naquit en 1295, por­tant sur la poi­trine la marque d’une croix rouge. À 20 ans, il fut pri­vé de ses parents et se trou­va en pos­ses­sion d’une grande for­tune. Il dis­tri­bua le tout aux pauvres, revê­tit un habit de pèle­rin et par­tit pour Rome, men­diant son pain. En tra­ver­sant la Tos­cane, il apprit que la peste déso­lait la ville d’Ac­qua­pen­dente : il s’y ren­dit et se dévoua au ser­vice des morts et des malades, gué­ris­sant par le signe de la croix un bon nombre de ces der­niers. À Rome, puis à Plai­sance, il déploya le même zèle, mais consta­ta bien­tôt qu’il était atteint lui-même : il se traî­na jus­qu’à la forêt voi­sine, se reti­ra dans une petite cabane et recom­man­da son âme à Dieu. Un chien vint lécher ses plaies ; le maître du chien, un gen­til­homme de Plai­sance qui menait une vie déré­glée, lui pro­di­gua ses soins : tou­ché de la ver­tu de Roch, il se conver­tit. Roch, com­plè­te­ment gué­ri, revint à Mont­pel­lier. Son cos­tume, ses jeûnes, ses macé­ra­tions l’a­vaient ren­du mécon­nais­sable. Il fut arrê­té par ses conci­toyens et soup­çon­né d’es­pion­nage, on l’en­fer­ma dans un affreux cachot où il demeu­ra sans cher­cher à se faire recon­naître. Il mou­rut le 16 août 1327, à l’âge de 32 ans. Une lumière extra­or­di­naire qui rem­plit son cachot atti­ra l’at­ten­tion du geô­lier : le corps de Roch fut recon­nu à la croix rouge qu’il por­tait sur la poi­trine. Le pou­voir de ce saint contre la peste s’est maintes fois mani­fes­té au cours des siècles.


Ouvrage : L'Étoile noëliste | Auteur : Colomban, Max

LE pacha, cette nuit-là, ne dor­mit point. Au petit jour, il fit appe­ler le chef de ses imans, vieillard rem­pli de sagesse et son plus intime conseiller. — Aide-moi, lui dit-il, à sau­ver ces Fran­çais. Deve­nus musul­mans, ils seront pour moi des sol­dats excel­lents et dont j’ai le plus pressant…

Ouvrage : L'Étoile noëliste | Auteur : Colomban, Max

IL y avait une fois trois com­pa­gnons, de petite nais­sance, mais de foi ardente et de mâle cou­rage, qui avaient quit­té mai­sons et familles pour aller déli­vrer le tom­beau du Sau­veur. Mêlés à d’autres pèle­rins aus­si pauvres qu’eux-mêmes, ils avaient gagné l’I­ta­lie à pied, sans autre bagage que quelques hardes fixées sur leurs épaules avec une cour­roie. Pour armes, le bâton qu’ils tenaient à la main, plus un long cou­te­las pas­sé dans leur cein­tu­ron de cuir ; pour vivres, un peu de pain don­né par des pay­sans cha­ri­tables ou gagné à la sueur du front dans les cam­pagnes où ils tra­vaillaient en pas­sant ; pour tré­sor, quelques pié­cettes de cuivre tin­tant au fond d’une vieille escar­celle com­mune à tous trois, des médailles bénites par le curé de leur paroisse, et sur­tout la croix de laine rouge, cou­sue au côté gauche de leur man­teau de bure, et qu’ils n’eussent point échan­gé contre le col­lier de dia­mants de l’empereur.

L’empereur, en ce temps-là, s’ap­pe­lait Fré­dé­ric II, et il avait fait ser­ment de pas­ser la mer afin de rendre Jéru­sa­lem à son roi nomi­nal, mes­sire Jean de Brienne, dont il avait épou­sé la fille Yolande. En atten­dant qu’il se déci­dât à tenir sa pro­messe, les prêtres prê­chaient la Croi­sade, les che­va­liers apprê­taient leurs armes, et la foule des humbles et pieux pèle­rins emplis­sait les ports de la Médi­ter­ra­née, atten­dant avec grande impa­tience les navires pro­mis et la per­mis­sion de s’embarquer.

Il y avait des années que cela durait. En dépit des exhor­ta­tions du Pape, l’empereur demeu­rait en Alle­magne, usant de pré­textes et récla­mant tou­jours de nou­veaux délais. Cepen­dant les pèle­rins pié­ti­naient sur place, à bout de res­sources, livrés à toutes les ten­ta­tions que donnent la misère et l’oi­si­ve­té. Beau­coup mou­raient, acca­blés par ce cli­mat du Midi auquel ils n’é­taient point accou­tu­més, ou déci­més par la peste, par la lèpre, par toutes les mala­dies appor­tées d’O­rient à bord des navires du négoce, en même temps que les épices, les par­fums et les pierres pré­cieuses. Il y en avait qui s’en retour­naient chez eux, pleu­rant à la pen­sée de n’a­voir point vu Jéru­sa­lem. Les plus har­dis sai­sis­saient la pre­mière occa­sion de pas­ser en Terre Sainte, quoi­qu’il y eût grand péril à le faire iso­lé­ment ou par petits groupes, l’au­dace et la cruau­té des Sar­ra­sins n’ayant fait que croître depuis qu’ils avaient repris Damiette. De ce nombre furent les trois amis dont nous venons de par­ler. Le plus âgé n’a­vait pas vingt-cinq ans et ils n’é­taient point d’hu­meur à attendre le bon vou­loir de Sa Majes­té ger­ma­nique, étant de ce peuple de France qui se rit des obs­tacles, court au-devant des périls et ne craint rien tant que l’i­nac­tion et le trop de sécurité.

L’aî­né s’ap­pe­lait Gil­bert et il était bro­deur de sa pro­fes­sion. Le second, Milo, appar­te­nait à la cor­po­ra­tion des peintres d’i­mages. Le troi­sième, qui n’a­vait encore que dix-huit ans, était un pauvre orphe­lin du nom de Daniel, éle­vé par des moines qui l’a­vaient pris en pitié, l’ayant trou­vé jadis à moi­tié mort de faim sur le seuil de leur église. Il ne savait faire autre chose que de gar­der les trou­peaux, étant d’in­tel­li­gence lente, et, disait-on, un peu simple d’es­prit, en sorte que l’on n’a­vait pu lui apprendre à lire et à écrire ; cepen­dant, il ne man­quait pas de juge­ment, et il se fai­sait aimer de tous par sa pro­bi­té et son bon cœur. Sur­tout il était si pieux qu’au­cun moine du monas­tère, même le prieur, ne pou­vait lui en remon­trer sur ce point.

S’é­tant donc embar­qués au port de Brindes, nos gens firent voile pour l’île de Chypre, dans la cale d’un navire où ils étaient aus­si mal que pos­sible, entas­sés pêle-mêle avec des mar­chan­dises de toutes sortes que le maître du bateau, un Génois, allait échan­ger contre les vins fameux de l’île enchan­te­resse. Mais nos braves pèle­rins ne se rebu­tèrent pas plus de la puan­teur, de la ver­mine et du mal de mer qu’ils ne se lais­sèrent séduire par la dou­ceur du cli­mat chy­priote. Ils n’eurent de cesse que lors­qu’ils eurent obte­nu place dans une nef armée en guerre que le jeune roi Lusi­gnan envoyait au secours de Saint-Jean-d’Acre. La tra­ver­sée fut heu­reuse ; un navire égyp­tien ren­con­tré à la tra­verse fut pris à l’a­bor­dage après un vif com­bat où nos trois Fran­çais eurent occa­sion de se signa­ler, et bien­tôt Gil­bert, Milo et Daniel mirent le pied en Terre Sainte, tout joyeux de s’être tirés d’af­faire par leurs propres moyens, sans rien devoir au chef de la Croi­sade, l’i­nerte et déloyal Fré­dé­ric II.

Ouvrage : Le deuxième livre d'André


Dans les pre­miers siècles de l’Église, au temps des per­sé­cu­tions, l’of­fice de por­ter le corps du Sei­gneur aux pri­son­niers et même aux mou­rants était confié aux ministres inférieurs. 

En ce jour, où le mas­sacre immi­nent de tant de chré­tiens sur­ex­ci­tait encore les pas­sions de Rome païenne, ce devoir, deve­nait plus dan­ge­reux à rem­plir. Les ministres des autels ne pou­vaient s’a­ven­tu­rer au dehors. 

Le pain ayant été consa­cré, le prêtre Dyo­ni­sius, de l’au­tel sur lequel était pla­cée l’Eu­cha­ris­tie, cher­cha par­mi les assis­tants à qui il la remet­trait. Avant que per­sonne ne se fût pré­sen­té, le jeune aco­lyte Tar­ci­sius s’a­ge­nouilla aux pieds du ministre du Christ, les mains éten­dues et prêtes à rece­voir le divin dépôt. Son visage angé­lique rayon­nait d’in­no­cence ; il sem­blait implo­rer la pré­fé­rence et même la réclamer. 

Messe dans les catacombes

— Tu es trop jeune, mon enfant, décla­ra le bon prêtre, rem­pli d’ad­mi­ra­tion à la vue de ce tableau. 

— Ma jeu­nesse, saint père, sera pour moi la meilleure des pro­tec­tions. Ah ! ne me refu­sez pas ce grand honneur. 

Les yeux de l’en­fant se mouillèrent de larmes et une émo­tion modeste colo­ra ses joues quand il pro­non­ça ces paroles. Il éten­dit de nou­veau ses mains en avant, et il mit tant d’in­sis­tance et de fer­veur dans sa prière que le prêtre ne put résis­ter. Pre­nant les divins mys­tères, il les enve­lop­pa soi­gneu­se­ment dans un linge de toile, et les dépo­sa dans les mains de l’a­co­lyte en disant : 

— Rap­pelle-toi, Tar­ci­sius, quel tré­sor je confie à ta fai­blesse. Évite, sur ton che­min, les places publiques ; n’ou­blie pas que les choses saintes ne doivent point être don­nées aux chiens, ni les perles jetées devant les pour­ceaux. Gar­de­ras-tu fidè­le­ment les dons sacrés de Dieu ? 

— Je mour­rai plu­tôt que de les livrer, répon­dit le ver­tueux enfant en cachant le céleste dépôt sur son sein, dans sa tunique.

Et il par­tit avec un empres­se­ment res­pec­tueux. Il par­cou­rut d’un pas léger les rues de la ville, la phy­sio­no­mie empreinte d’une gra­vi­té au-des­sus de son âge, et il s’é­car­tait atten­ti­ve­ment des voies trop fré­quen­tées ou trop étroites. 

Il appro­chait d’une grande mai­son ; la maî­tresse de cette demeure, une riche matrone sans enfants, le voyant venir rapi­de­ment, les bras croi­sés sur la poi­trine, fut frap­pée de sa beau­té et de son air de douceur. 

— Arrête un ins­tant, cher enfant, lui dit-elle en se pla­çant sur son che­min ; quel est ton nom, et où demeurent tes parents ? 

— Je suis Tar­ci­sius, un orphe­lin, répli­qua-t-il en levant les yeux avec un sou­rire ; je n’ai d’autre logis qu’un gîte que, sans doute, il ne vous plai­rait guère d’en­tendre nommer. 

— Alors, entre dans ma mai­son pour te repo­ser ; je désire te par­ler. Oh ! que n’ai-je un enfant tel que toi ! 

— Pas main­te­nant, noble dame, pas main­te­nant. Je me suis char­gé de la mis­sion la plus solen­nelle et la plus sacrée ; il ne m’est pas per­mis d’en dif­fé­rer d’un moment l’accomplissement. 

— Eh bien ! pro­mets-moi de reve­nir demain ; cette habi­ta­tion m’appartient. 

— J’y consens, si je suis encore en vie, répon­dit l’en­fant avec un tel feu dans le regard que la matrone crut voir un mes­sa­ger des sphères supérieures. 

Ouvrage : Cœurs Vaillants
Ouvrage : L'Étoile noëliste | Auteur : Dourliac, H.-A.

(Légende lorraine)

C’é­tait un simple agne­let, tout blanc, tout mignon, tout fri­sé, que l’on appe­lait Blan­chet et qui tétait encore sa mère : « Ne t’é­loigne pas du trou­peau, tu serais man­gé par le loup ! » Et, docile, il mar­chait sur les talons de la ber­gère, qui s’ar­rê­tait par­fois de filer pour cares­ser sa toi­son. Il la sui­vait par­tout, et quand elle s’é­car­tait un peu

pour prier, il l’é­cou­tait conver­ser avec les Saintes et l’Ar­change, qui la pres­saient de par­tir pour déli­vrer le royaume d’un loup très méchant qu’on appe­lait l’Anglais.

Et quand elle s’en reve­nait pen­sive, Blan­chet, trot­ti­nant à côté d’elle, bêlait tout doux, tout doux, comme sa maman-bre­bis quand elle vou­lait le rete­nir ; et il sem­blait dire : « Ne t’é­loigne pas du trou­peau, tu serais man­gée par le loup ! » Et Jeanne sou­pi­rait, hési­tante… Fal­lait-il écou­ter Mon­sieur saint Michel ou l’agnelet ?

Une pre­mière fois, le sire de Bau­dri­court, consul­té, la ren­voya à ses mou­tons, qui furent bien contents, l’a­gne­let sur­tout ! Mais une seconde fois il dit : « Va, Jeanne ! Fais ce que doit ! » Et un triste jour, Blan­chet la vit toute prête à 

par­tir, casque en tête, épée au côté. Elle disait adieu en pleu­rant à son père, à sa mère, à ses frères, à son troupeau…

Et comme le pauvre agne­let bêlait lamentablement,